Tout montrer.
Ou faire comprendre ?
Une infographie peut contenir beaucoup d’informations justes… et laisser son lecteur sans idée claire à retenir.
Ajouter un chiffre, une précision, un pictogramme : chaque ajout semble utile. Mais, au bout du compte, quel message voit-on encore ? Voici trois façons de présenter le même exemple, de la plus dense à la plus épurée.
Tout est là.
Le message se disperse.
Une version riche en explications, en calculs et en précautions.
Beaucoup à voir.
Quel fil suivre ?
Le parcours des animaux, les trois pourcentages, le tableau, les ensembles imbriqués, les limites des tests : plusieurs niveaux d’explication partagent le même espace.
Chaque élément a un intérêt. Leur juxtaposition multiplie les endroits où regarder et les chemins possibles. La question centrale risque alors de se perdre parmi ses propres explications.
Sur un écran de téléphone, la taille des textes ajoute une difficulté : il faut agrandir, parcourir, revenir en arrière pour relier les informations.
Plus d’informations.
Pas forcément plus de clarté. Ce format peut servir de support à consulter en détail ; il demande davantage au lecteur qui le découvre rapidement.
Un point devient prioritaire.
Moins d’éléments, un parcours plus visible, un calcul mis en avant.
Le regard trouve
son point d’entrée.
Le tableau détaillé et les nombreux rappels ont disparu. Le parcours reste présent, mais le calcul 6 / 20 = 30 % devient le centre de l’attention.
Le regard est attiré vers un calcul central. Le lecteur repère plus facilement que les 30 % concernent les malades testés.
La page conserve toutefois plusieurs calculs, de nombreuses silhouettes et des encadrés secondaires. Le message principal ressort mieux, mais il partage encore l’attention avec beaucoup d’éléments.
Une priorité visible.
Un message plus accessible. L’étape suivante consiste à choisir ce qui doit réellement rester dans ce visuel.
L’essentiel devient visible.
Deux dénominateurs mis en évidence. Une limite clairement énoncée.
On voit enfin
ce qui change.
Le parcours se résume à trois nombres. Les surlignages ciblent les populations concernées. L’attention se concentre sur les dénominateurs : 100 animaux dans le lot et 20 malades testés.
La proportion de malades cliniques dans le lot.
La fréquence de résultats positifs chez les malades testés.
On change à la fois ce que l’on compte et la population à laquelle on le rapporte. Les deux pourcentages répondent donc à des questions différentes.
La limite reste visible : on ne peut pas déterminer la prévalence de l’infection dans le lot avec ces seules données. Et un résultat positif ne démontre pas, à lui seul, que l’agent explique la maladie.
Un message clair.
Des limites préservées. Les précisions supplémentaires peuvent être développées dans le texte qui accompagne l’image.
Une information utile mérite
d’être mise en évidence.
Épurer demande de choisir : le message à retenir, les éléments nécessaires pour le comprendre et les limites à préserver. Une infographie n’a pas besoin de porter toute l’explication à elle seule.
Choisir
Quelle idée le lecteur doit-il pouvoir reformuler après avoir vu l’image ?
Guider
Quel ordre de lecture, quel contraste et quel accent visuel rendent cette idée visible ?
Préserver
Quelles précisions sont indispensables pour éviter une interprétation trompeuse ?
Avant d’ajouter une information, demandons-nous :
qu’aide-t-elle à comprendre ?